Midi sur les zostères
Prairies de phanérogames

Midi sur les zostères

À seulement deux mètres sous la surface d'un lagon baigné de soleil de midi, la lumière pénètre sans entrave et se fragmente en réseaux de caustiques mouvantes qui courent sur le sable pâle, dessinant des arabesques dorées entre les rubans d'herbier. Les feuilles d'*Zostera marina* ondulent en vagues cohérentes sous l'effet d'un courant doux, chaque lame d'un vert intense piquetée de minuscules bulles d'oxygène argentées, témoins silencieux d'une photosynthèse active à son plein régime diurne. À cette profondeur infime, la pression n'excède guère une atmosphère et demie, la colonne d'eau est saturée d'oxygène, et la température du lagon peut varier de plusieurs degrés entre l'aube et le crépuscule, faisant de cet habitat une zone à la fois productive et thermiquement instable. Des nuées de juvéniles aux corps translucides se fondent entre les tiges, exploitant la prairie comme une nurserie dont la structure tridimensionnelle offre abri contre les prédateurs et abondance de proies microscopiques. Ce monde littoral, exposé aux saisons, aux marées et aux apports terrigènes, existe depuis des millions d'années sans autre témoin que la lumière du soleil qui l'a toujours animé.

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